Un vrai leader et le silence


Dans le monde, les leaders ne manquent pas. En fait, on les rencontre à tous les niveaux de notre société. Il y a des leaders communautaires, des leaders religieux, des leaders politiques… Expressément, j’ai mis les trois points suspensifs pour raccourcir le texte, en vue de satisfaire les gens qui se plaignent souvent du volume de mes articles. Autrement, j’aurais pu mettre n’importe quel adjectif qualificatif comme économique, social, magouilleur etc.… après le mot pour déterminer les différents types de leaders.
Il convient de signaler, lectrices et lecteurs, que dans ce texte, nous ne parlons que des vrais leaders. John C. Maxwell, dans son livre titré LEADER, Avez-vous ce qu’il faut, définit les 21 qualités indispensables à tout leader pour ne pas dire à tout vrai leader. Comprenant la limitation de l’homme, je ne m’attends pas à ce qu’un leader ait toutes ces 21 qualités, mais au moins, il devrait en avoir les plus importantes comme la Compétence, le Charisme, le Caractère, l’Engagement, la Faculté de résoudre des problèmes, l’Autodiscipline etc…

Entre autres les dernières qualités que nous avons citées, un vrai leader doit être un grand Communicateur. Par contre un leader doit nécessairement savoir quand opter pour le silence.
A travers les Fruits de l’amour d’un père, Guillaume Penn disait : « Toutefois qu’il y a folie à parler il y a sagesse à se taire, et le silence est toujours le parti le plus sûr. » Encore une fois, je me garde de trop élaborer sur ce mot si précieux qu’est le silence pour ne pas enlever aux amis qui nous sont chers et qui ont horreur de longs textes l’appétit de lire.

La menace de l’élimination de la race humaine est, ces derniers temps, plus tangible que jamais. Les hommes ont fabriqué des armes pouvant, en un clin d’œil, réduire le monde en cendres et en fumée. Pourtant, comme nous le disons assez souvent, les peuples de la terre, par manque d’éducation civique et politique, n’ont pas cessé d’élire des indécents, des impulsifs, des médiocres et des incompétents pour les diriger.

Puisque l’état primitif de l’homme, comme nous l’avions si bien dit dans le dernier texte que nous avions publié est un état de guerre de tous contre tous, dominé par la bestialité des rapports, le monde a besoin des leaders qui ne s’empressent pas d’ouvrir leur bouche ou de faire usage des réseaux sociaux comme Twitter pour parler avant même de peser ce qu’ils disent.

Entre les Etats Unis, la Russie, la France, la Chine, le Royaume Uni, l’Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du nord, il y a environ 25 630 armes nucléaires dans le monde. Alors, avoir des hommes d’état qui prennent du temps pour réfléchir sur les différents problèmes et crises qui rongent l’humanité et pour penser à leurs solutions, est d’une importance particulière.

Cette semaine, lors de son allocution devant l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a déclaré et nous citons : « Nous n’aurons d’autre choix que de détruire complètement la Corée du Nord, si nous sommes forcés de nous défendre ou de nous porter à la défense de nos alliés ». Quelques jours plus tard, dans sa réponse à Trump, Kim Jong Un a dit : « Je vais assurément et définitivement dompter par le feu ce radoteur américain mentalement déséquilibré. »

Ces escalades verbales, convient-il de noter et ceci à l’eau forte, ne peuvent qu’aggraver la situation déjà tendue entre les deux pays. Pour citer le ministre des Affaires Etrangères russe Sergei Lavrov, cette rhétorique entre Donald Trump et Kim Jong Un est comme une guerre de mots entre deux enfants d’une classe Kindergarten.

Il est un fait que la Corée du nord ne devrait pas se doter des armes nucléaires. Cependant, des deux côtés, on doit baisser le ton et chercher à se servir de l’arme de la dialectique plutôt que la dialectique des armes. Tout vrai et conséquent leader devrait, avec son ministre des affaires étrangères et son représentant auprès de l’ONU, entreprendre des démarches diplomatiques pour trouver une solution à un conflit mettant aux prises son pays et une autre nation. Une fois de trop, le président des Etats Unis n’a pas réussi à garder le silence et à penser comme un grand chef d’état.

« Shut up ! » ou votre gueule en français, est courant aux Etats Unis. Cependant, par politesse, on ne le dit pas aux gens même lorsqu’ils méritent souvent d’être rappelés ou bien de se taire, ou bien de dire quelque chose qui vaille mieux que leur silence. Les attaques rhétoriques tant au point de vue politique qu’au point de vue social du président des 40% des Américains répugnent et écœurent. Traitant des joueurs de la NFL de fils de putes (sons of bitches) Donald Trump creuse davantage la division déjà trop profonde dans le pays en demandant la résiliation du contrat des joueurs. Ô que c’est triste non seulement pour ce président qui ne cesse pas de mettre à nue son ignorance, mais aussi pour les Etats Unis en tant que nation ! Mr. President of the 1/3 of the American people, shut the fuck up and do the job that you are in the office to do!

Il est important, mesdames et messieurs, de faire remarquer que beaucoup d’autres leaders du monde comme le président des îles de Philippine qui traitait et le pape Francis et le président Obama de fils de pute, dans leur impulsion, disent des choses qu’ils regrettent par la suite. En Haïti, les choses ne sont pas différentes. Que de fois, nos présidents parlent pour ne rien dire. Cherchant à savoir comment dire bonsoir et je vous aime dans toutes les langues, ils les insèrent dans leurs discours pour donner l’impression aux imbéciles qu’ils sont polyglottes. Tandis qu’il fut un temps, nous nous empressions de rentrer chez nous pour être devant nos appareils de télévision ou de radio parce que le président de la République allait s’adresser à la nation.

« Je suis le président de la République ! », martèle souvent Jovenel Moïse pour justifier une décision qu’il aurait prise. Qui dit que vous n’êtes pas le président de la République, cher monsieur ? Ne pensez-vous pas que c’est une faiblesse de votre part de rappeler à chaque instant que vous êtes le président ? N’estimez-vous pas qu’il serait plutôt de bon ton que vous accomplissiez les tâches que le peuple vous a confiées ?

Nous n’avons pas la prétention que les « grands et supers leaders » du monde entendront notre faible voix. Encore moins, la façon dont nous pensons importe peu pour eux. Cependant, de notre petit coin étant, nous continuerons à critiquer ce qui mérite d’être critiqué. Pour rester dans le cadre de notre sujet, nous exhortons les leaders de tous les pays à peser leurs mots avant de les lancer. Car, le silence, avait dit Jean Baptiste Blanchard dans Les maximes de l’honnête homme, devrait être le partage de ceux à qui les qualités manquent.

Rulio Oscar

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