Les propagandes de Mme. Martine Moïse

Il était une fois, radiotélévision nationale. Qui ne souvient pas d’Emmanuel Avril et d’Emmanuel Menard, de respectivement radio nationale et télévision nationale ? Si le nom de l’agronome François Severain vous rappelle quelque chose, il n’y a pas de doute que vous vous souveniez d’Emmanuel Avril, allias Toto. Convient-il de rappeler que Toto animait une émission d’agriculture avec Monsieur Severain, sur les ondes de radio nationale, tous les matins, après 6 h.
Tout en ne voulant pas vous tenir rigueur, je ne vous en voudrai pas si vous ne vous en rappelez pas. Souvenez-vous de ce vocable : « Mwen la pi rèd ke yon ke makak » ? Cette courte phrase énoncée dans le vernaculaire, est de l’ancien président à vie Jean Claude Duvalier, le 31 janvier 1986. Si vous êtes vraiment de Léognane, que vous ayez eu l’âge de vivre l’évènement ou que vous l’ayez appris de quelqu’un plus âgé que vous, vous vous souvenez de la fusillade dans un champ de canne à Belloc.
Bref ! Emmanuel Avril dit Toto, était celui qui, par ses propagandes aveugles, essayait de faire comprendre que Jean Claude Duvalier ne tentait pas de quitter le pays 7 jours avant le 7 février 1986, soit le 31 janvier. Il avait l’astuce d’induire le peuple en erreur tout en diffusant la voix de l’ancien dictateur avec ses commentaires, bien sûr, répétant à longueur de journée, « mwen la pi rèd ke yon ke makak »
Quant à Emmanuel Menard, ancien directeur de radio nationale et de télévision nationale, il était lui aussi un propagandiste de Duvalier. Cependant, plus intelligent que son compère Emmanuel Avril, il a survécu jusqu’au gouvernement de Joseph Martelly, sous lequel, il était directeur général.
Des hommes comme Emmanuel Avril, Emmanuel Menard, Jean Robert Simonise, Kompè Pépé pour ne citer que ceux-là avaient radiotélévision nationale pour faire de la propagande pour le régime de Jean Claude Duvalier. Cette désinformation avait eu lieu à une époque où Facebook et Twitter étaient loin de voir le jour.
A cette époque, si on n’avait pas un petit récepteur, la voie orale était le seul moyen que les informations fussent communiquées. Point n’est besoin de vous dire que la mince couche de la population qui était informée, puisque tout était une affaire d’état, n’osait pas en parler.
Aujourd’hui, grâce à l’avancement de la technologie, le gouvernement n’a pas seulement dans son arsenal les médias d’état et proches du pouvoir pour faire sa propagande, mais aussi et surtout les puissants réseaux sociaux comme Facebook dont Madame Martine Moïse fait bien usage.
Comme je l’avais déjà dit dans l’un de mes postes, je fais partie des milliers de gens qui suivent la première dame, son Excellence Mme. Martine Moise à partir de sa page Facebook. Alors, c’est superflu d’avancer que je suis aussi parmi les premiers à voir les photos et les évènements qu’elle publie sur sa page.
Sans ambages, je ne pense pas que ce soit un mal de partager les réalisations de l’équipe gouvernementale de son mari. D’ailleurs, ravissante et modeste, je doute fort qu’il y ait quelqu’une ou quelqu’un d’autre qui puisse le faire mieux qu’elle. Je dois admettre que j’adorerais voir les nouvelles images de mon pays qui, pour beaucoup, est synonyme de pauvreté et de malpropreté. Oui, j’adorerais voir des images du pays en chantier ; des images des champs de riz en provenance de l’Artibonite, de canne à sucre en provenance de Léogane et de la plaine des Cayes, de bananerais de l’Arcahaie et de Deslandes etc…
Ce n’est pas que je cherche à être trop intransigeant face à ce gouvernement qui hérite des maux de plus de deux siècles. Ce que je souhaite, c’est qu’il divorce avec les traditions de corruption et de malversation dont on témoigne dans le pays depuis jadis. Car, si vous persistez à faire la même chose, vous êtes condamnés à avoir le même résultat.
Je ne jugerai pas la Première Dame de la république pour le partage de ces belles photos de son mari ou du gouvernement de ce dernier en réunion ou en visite à travers des régions du pays, encore moins je ne la condamnerai. Cependant, j’attends impatiemment de voir sur sa page, des photos des réalisations concrètes du gouvernement. Alors, pourra-t-on dire qu’il ne s’agit pas seulement de la propagande propagandiste.

Rulio Oscar,
King of Prussia, PA

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