On aurait dû certainement y penser

Environs 9 000 personnes ont assisté à un rassemblement de style campagne du président des Etats Unis samedi dernier dans la ville de Melbourne où j’avais travaillé pendant trois ans, de 2006 à 2009. Une fois de trop, Donald Trump a continué de lancer ses attaques virulentes contre la presse qu’il a qualifiée comme étant l’ennemi du peuple américain.
Au cours de ce même rassemblement, Donald Trump a attiré l’attention sur ce qui se passait en Suède la nuit précédente. You look, a-t-il dit, at what’s happening last night in Sweden, Sweden. Who would believe this? Sweden. Cette déclaration sans fondement d’un individu qui, malheureusement est le président des Etats Unis, a soulevé les réactions de beaucoup de gens dont l’ancien premier ministre suédois Carl Bildt qui demandait : “What has he been smoking?” « Qu’est-ce qu’il fume ? »
Dans tous les pays démocratiques, un président élu n’est pas seulement le président du parti sous la bannière de laquelle il était élu ; il est le président de tout son peuple, même de ses adversaires les plus acharnés. Ainsi, pendant ses premiers mois au pouvoir, convient-il de noter que je ne parle pas seulement de Donald Trump mais de tout homme d’état responsable, il rassure ses adversaires et tous les gens qui n’ont pas voté pour lui, qu’il est aussi leur président.
Le cas de l’actuel président des Etats Unis est différent pour ne pas dire unique en son genre. Vous savez au tant que moi que démocratie vient de deux mots grecs demos qui signifie peuple et cratos qui veut dire pouvoir. Alors, avec ces deux mots grecs, on a formé démocratie signifiant pouvoir du peuple ou pouvoir donné par le peuple. Ô que j’adore la beauté de la langue française ! Je disais que le cas de Donald Trump est unique en son genre. Ce monsieur arrive à la présidence des Etats Unis grâce au collège électoral qu’il avait toujours dénoncé. Le peuple américain, dans sa grande majorité, n’a pas donné le pouvoir au hautain qu’on appelle Donald J. Trump.
Je ne sais pas si je dois appeler le président des 44% des Américains présomptueux, arrogant, irréfléchi, inconsidéré, malavisé, écervelé ou téméraire. En fait, pourquoi ne pas lui attribuer tous ces adjectifs puisqu’ils veulent dire presque la même chose et que le président minoritaire les incarne tous ?
Les bains de foule sont d’une extrême importance pour les dictateurs, de quelque pays qu’ils soient. François Duvalier et d’autres dictateurs impénitents en Haïti justifiaient toujours leur légitimité par rapport à la foule monstrueuse qui assistait à leurs réunions, sans tenir compte d’innombrables citoyennes et citoyens qui comprenaient que les spectacles qu’ils offraient n’étaient que de la démagogie. Que Trump sache qu’il peut être une personne riche mais en politique, il est un bébé. Jamais, au grand jamais et dans l’univers des jamais, il ne pourra réduire en silence, même avec ses petits bains de foule, la presse qui ne fait que son travail.
Qu’ils soient noirs, jaunes ou blancs, Dieu a créé les hommes égaux, avec le même libre arbitre de faire ce que bon leur semble, mais avec différents niveaux d’intelligence. Tout au cours de la campagne électorale des Etats Unis, on distinguait 3 groupes de gens : les zélés démocrates et républicains, les insouciants c’est-à-dire les gens qui se tapaient royalement du résultat des élections et en dernier lieu les intelligents. Quelqu’un n’ayant eu aucune expérience politique qui disait savoir plus que les généraux et être le seul à pouvoir résoudre les problèmes des Etats Unis et du monde, ne devrait pas être une surprise pour personne s’il dirige le pays comme il avait dirigé ses casinos. Que les hommes d’état du monde entier, particulièrement au président nouvellement élu en Haïti Jovenel Moïse, qui ont des oreilles pour entendre entendent ce que je vais dire. « On ne dirige pas un pays comme on dirige sa propre entreprise. » Diriger un pays est un privilège que le peuple vous donne et qu’il peut reprendre en vous censurant ou en censurant votre parti politique dans des prochaines élections.
Peut-être, les 44% sourds, aveugles et muets de la population américaine qui ont voté Trump lui resteront toujours favorables comme des chiens fidèles. Cependant, nombreux sont des femmes et des hommes intelligents des 56% qui savaient qu’ils ne sauraient s’attendre à d’autres résultats que ce que nous constatons actuellement. Assistera-t-on à une démise (impeachment) de Donald J Tump par le congrès américain ? On en doute fort puisque la majorité des parlementaires du pays sont plus républicains qu’Américains.

Rulio Oscar
King of Prussia, PA
Le 23 février 2017, dans les Amis du Savoir et des Connaissances

 

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