Syrie : les pays du sud de l’UE donnent raison aux États-Unis

Réunis lundi à Madrid pour un sommet entre pays de l’Europe méditerranéenne, la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, Malte et Chypre ont jugé d’un commun accord « compréhensible » la frappe des États-Unis en Syrie, après l’attaque chimique présumée du 4 avril à Khan Cheikhoun dans le nord-ouest du pays. « La frappe lancée par les États-Unis sur la base aérienne de Shayrat en Syrie avait l’intention compréhensible d’empêcher et de dissuader la propagation et l’utilisation de telles armes (chimiques) et était limitée et concentrée sur cet objectif », ont affirmé dans une déclaration commune ces pays réunis en sommet à Madrid, tandis que les alliés du régime syrien ont réaffirmé leur soutien samedi.
« Crimes de guerre »

À Madrid, le conservateur Mariano Rajoy accueillait une majorité de dirigeants de gauche – le président français François Hollande, le Premier ministre italien Paolo Gentiloni, son homologue grec Alexis Tsipras, le Portugais Antonio Costa et le Maltais Joseph Muscat -, à l’exception du chypriote Nicos Anastasiades. Alors qu’ils plaident pour un plus grand rôle de l’Europe sur la scène internationale, ils ont tenu à afficher leur unité sur la Syrie, qui les concerne au premier chef en tant que riverains du bassin méditerranéen. « Les pays du sud de l’Union européenne condamnent dans les termes les plus forts l’attaque aérienne perpétrée avec des armes chimiques le 4 avril à Idleb (Syrie) » qui a provoqué la riposte américaine, disent-ils, la qualifiant de « crime de guerre ».
« Il était très important qu’il y ait une réponse, cette réponse est venue des États-Unis », a déclaré François Hollande, estimant que « les Russes ne peuvent déterminer seuls l’avenir de ce pays avec l’Iran ». La rencontre se tenait alors que les ministres des Affaires étrangères du G7 devaient justement chercher lundi et mardi à Lucques (Italie) à relancer le processus politique en Syrie et à transmettre un message « clair et coordonné » à la Russie. Les États-Unis ont appelé dimanche au départ du président syrien Bachar el-Assad, et les alliés de Damas, en particulier la Russie et l’Iran, ont, eux, menacé Washington de « désormais réagir fermement à toute agression contre la Syrie ».
Responsabilités

Les sept pays estiment que « tous les auteurs identifiés doivent être tenus pour responsables de cette violation du droit international et devraient être sanctionnés dans le cadre de l’Organisation des Nations unies ». Ils rappellent toutefois « qu’il ne peut y avoir aucune solution militaire au conflit en Syrie » et que « seule une solution politique crédible, telle que définie dans la résolution 2254 et dans le communiqué de Genève de 2012, assurera la paix et la stabilité en Syrie et permettra une défaite décisive de Daech et des autres groupes terroristes désignés par l’ONU en Syrie ».

Il s’agit du troisième sommet des pays du sud de l’UE depuis septembre 2016. Les dirigeants ont réaffirmé leur souhait de former un bloc cohérent dans le futur ensemble à 27, réaffirmant également que la négociation avec le Royaume-Uni devra se faire en deux temps : la sortie d’abord et les bases de la coopération future après. Ils ont aussi fixé comme priorité les questions relatives aux ressortissants européens au Royaume-Uni, de « croissance économique » et d’« emploi », et la « dimension sociale » de l’UE, et souligné l’urgence de la constitution d’une union bancaire.

Source – lepoint.fr

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