En soutenant le Venezuela, Haïti hypothèque l’aide américaine, selon Marco Rubio

imageEn prenant position ouvertement contre les États-Unis qui réclamaient la suspension du Venezuela de l’Organisation des États américains (OEA), Haïti risque de mettre à mal ses relations avec Washington, avertit le Miami Herald, citant le sénateur républicain de l’État de la Floride Marco Rubio. Dans un tweet, mardi dernier, l’élu républicain, qui avait mis en garde le gouvernement haïtien du danger de perdre l’aide des États-Unis s’il ne s’alignait pas sur la position des États-Unis, a qualifié de «honteux» le vote d’Haïti à l’OEA.

« Le président Moïse va devoir décider rapidement s’il veut se tenir aux côtés des pires tyrans de l’hémisphère occidental, ou s’il veut se tenir du côté des droits de l’homme et de la démocratie », a déclaré Marco Rubio au Miami Herald. « Il est en train d’hypothéquer sérieusement  l’aide américaine à l’endroit de son pays, et s’il ne modifie pas son approche en matière de politique étrangère, il se retrouvera bientôt avec moins d’amis en Floride et à Washington », menace le parlementaire américain. 

Le Miami Herald comprend la position d’Haïti comme la manifestaiton d’un manque d’expérience de l’équipe au pouvoir. 

« Le président Moïse doit faire attention », prévient Robert Fatton, un spécialiste d’Haïti à l’Université de Virginie. « Ce qui est clair, c’est que, quels que soient ses objectifs et ses politiques, le président Moïse ne pourra pas faire grand-chose  pour sortir Haïti  de  »l’arrière-cour » des États-Unis, comme l’ont dit certains décideurs américains. »

« Tout ce qui remet en question l’engagement du pays envers la démocratie, la lutte contre la corruption et les (efforts) de lutte contre les stupéfiants, permettra simplement aux décideurs budgétaires à Washington de jeter un long et sérieux regard sur la réduction de l’aide américaine là-bas », analyse Eric Farnsworth, vice-président d’une association politique basée à New York qui se consacre sur l’hémisphère occidental.

 L’Agence américaine pour le développement international (USAID) est le plus grand donateur d’Haïti depuis le séisme qui a frappé le pays en 2010, rappelle le Miami Herald. Le gouvernement américain a alloué 4,8 milliards de dollars pour l’aide humanitaire, dont 3,3 milliards de dollars pour l’aide au relèvement, à la reconstruction et au développement.

Récemment, un groupe bipartisan de législateurs américains a lancé un appel pour demander à l’administration Trump de maintenir le bureau du Département d’Etat pour Haïti, créé après le tremblement de terre de 2010, dédié à coordonner l’aide que fournissent les États-Unis au pays. Quelques jours plus tard, 10 membres du Congrès, démocrates et républicains, ont signé une lettre pour demander l’extension du TPS pour Haïti qui arrive à expiration le 22 juillet prochain. Cette disposition permet aux Haïtiens de vivre et de travailler librement aux États-Unis sans crainte de déportation.

Source : Miami Herald/Nouvelliste

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