Jean Jacques Dessalines dans le contexte de l’indécence des autorités haïtiennes et de la misère du peuple

» Les noirs, dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils rien ? » On peut reprocher au père fondateur de la nation haïtienne, l’empereur Jacques 1er sa rigueur et sa férocité face à certains de ses paires et aux Français pendant et après la guerre de l’indépendance ; on peut aussi lui reprocher son ignorance dans certains domaines, ce qui allait lui couter la vie, mais il avait un grand cœur. En effet, des actions de Jean Jacques Dessalines, comme l’arrestation et l’exécution de Charles Bélair qu’il appela scélérat indigne de la clémence de Leclerc et de sa femme Sanite et l’exécution des Français après la victoire du 18 novembre 1803, démontrent de façon claire qu’’il était un homme cruel. Après la proclamation de notre indépendance en 1084, les chefs de l’armée indigène s’emparaient des terres que les colons français avaient abandonnées suite à leur cuisante défaite. Dessalines, ayant constaté que le petit peuple n’avait rien reçu, s’indigna en disant : « Les noirs dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils rien ? » A travers cette interrogation que l’on considère parmi les paroles célèbres de l’empereur, ce dernier avait fait preuve d’humanisme et d’un homme de grand coeur. Nous ne sommes pas à même d’imaginer ce qu’auraient été les réactions de Jean Jacques Dessalines face à l’avarice de nos hommes au pouvoir, à l’heure actuelle, s’il avait été encore en vie, mais un fait est certain : il ne l’aurait pas toléré. Peut-être, on l’aurait assassiné devant le palais national, à l’entrée de Marchand Dessalines ou quelque part d’autre. Il se peut, amis lectrices et lecteurs, que vous soyez impatients et que vous vous demandiez où nous voulons en venir avec cette histoire de Charles Bélair et de Jean Jacques Dessalines. Cette année encore, la nouvelle de la subvention des poissons de nos fameux parlementaires a fait tache d’huile. Puisées dans le budget du Parlement et versées par le trésor public, 1,350,000 gourdes soit une équivalence de $20,000 US, considérant le taux actuel du dollar, ont été octroyées à chaque sénateur et député de notre pauvre république. Le peuple pourtant, n’ayant plus ses cochons créoles éradiqués par les blancs de connivence avec l’état haïtien ; ses cocotiers détruits pour faire l’affaire des Dominicains, est abandonné dans sa détresse et ses tracasseries. L’alternance politique à travers bien sûr des élections libres et crédibles est certes un bon signe démocratique. Mais dans notre pays, cela est bien différent. Il s’agit de l’alternance dans la corruption et dans le pillage comme nous l’avions dit à travers un poste que nous avions publié dans le groupe presque deux ans de cela. Au cours des élections d’août 2015, la tendance était Jovenélienne. J’étais en Haïti à cette époque et j’avais interviewé certaines personnes dont la grande majorité disait qu’elle allait voter Jovenel Moïse. Ce n’est pas sans raison que j’étais contre l’annulation des élections de 2015 et avais estimé que justice avait été rendue à Mr. Moïse lorsqu’il remportait le scrutin en 2016. Mesdames et messieurs les sénateurs et députés, de grâce ! Le peuple ne vous a pas élus pour que vous viviez dans l’opulence tandis qu’il est dans la crasse et dans l’impossibilité de manger décemment même une fois par semaine. Vous vous abusez de la pauvre ressource du pays quand, pour la seule consommation de vos poissons, vous piquez chacun, $20,000 US dans la caisse publique. Monsieur le président de la république, son Excellence Jovenel Moïse, le peuple vous avait fait confiance en vous ayant élu deux fois parmi des dizaines d’autres candidats. Comment avez-vous pu tolérer un tel crime du côté des parlementaires dont la plupart ne sont pas même qualifiés pour occuper ces postes qui furent, un temps, honorables ? Ce qui est fait, dit-on, est fait. Dites-nous, son Excellence, ce que vous comptez faire pour que non seulement les parlementaires s’occupent du coût de leurs poissons, l’année prochaine, mais aussi pour que le peuple respire un autre air et puisse manger à sa faim. Excellence Madame la première dame de la république, Martine Moïse, vous êtes une femme pour qui j’ai de l’estime. Vous me permettrez de vous rappeler que derrière tout homme qui réussit, il y a une bonne femme. Alors, Mme. Moïse, l’histoire jugera votre rôle dans la réussite ou dans l’échec de votre mari. Son Excellence Mr. Le Premier ministre, je m’adresse finalement à vous. Pour avoir négocié 11 postes ministériels avec les parlementaires, 5 aux députés et 6 aux sénateurs, j’avais écrit ce texte ayant pour titre : « Ayez votre part pour ne pas m’empêcher d’avoir la mienne. » Ayez le courage, Mr. Lafontant, de résister aux gens qui font de l’indécence et qui prônent l’inacceptable et l’intolérable même au risque d’un vote de non confiance à votre gouvernement. Rappelez-vous que vous êtes le bras droit du président. Tout comme sa femme aura une grande responsabilité dans sa réussite ou dans son échec, votre responsabilité aussi, Mr. Le Premier Ministre, ne sera pas moindre. Rulio Oscar King of Prussia, PA

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