Faire revenir la croissance

imageVingt-quatre heures après sa ratification par la Chambre des députés, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a procédé à l’installation du nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, dans la matinée du mercredi 22 mars 2017. Le nouveau grand argentier de la République succède à Yves Romain Bastien, qui vient de passer un an environ à la tête du ministère de l’Économie et des Finances (MEF). – See more at: hVingt-quatre heures après sa ratification par la Chambre des députés, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a procédé à l’installation du nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, dans la matinée du mercredi 22 mars 2017. Le nouveau grand argentier de la République succède à Yves Romain Bastien, qui vient de passer un an environ à la tête du ministère de l’Économie et des Finances (MEF).

Un taux de croissance de 1.4% pour 2016 et des prévisions négatives pour 2017, un produit intérieur brut de 8.77 milliards de dollars US et un PIB par habitant de 728 dollars américains… C’est en quelque sorte le sombre tableau peint par l’intéressé lui-même dans son allocution de circonstance, dont a hérité le nouveau titulaire du MEF installé ce mercredi. 

Le ministre Salomon attribue cette situation à « un manque flagrant d’investissement dû notamment à un déficit de croissance dans le pays, un climat sécuritaire instable par moments et des soubresauts sociaux intermittents ». Un constat partagé également par le chef du gouvernement qui a tenu à attirer l’attention de son ministre en tirant ainsi la sonnette d’alarme : « Monsieur le ministre, l’heure est grave. La situation de la population se dégrade chaque jour et la paupérisation de la classe moyenne s’aggrave. » 

Pour le ministre Salomon, les solutions miracles n’existent pas. Face à cette situation, prévient-il, les solutions se retrouvent à plusieurs niveaux et doivent constituer un chantier façonné par plusieurs mains et mis en œuvre sur plusieurs années. « Il faut de l’intelligence pour innover, du courage pour prendre des décisions difficiles, du sérieux pour rationaliser, du leadership pour montrer la voie et susciter l’adhésion et de la bonne foi collective pour assumer chacun sa part de responsabilité », a-t-il recommandé. 

Pour sa part, Yves Romain Bastien, le ministre sortant, estime qu’il n’y a pas un seul pays au monde capable de résister aussi longtemps à une situation aussi dramatique. « Mettons-nous donc ensemble pour que finalement nous puissions voir la lumière parce qu’il n’y a pas d’autres alternatives […] à la pauvreté que la richesse », réclame ce dernier pour qui ce pari est encore possible. 

« Nous pouvons créer cette richesse. Nous pouvons passer de cette croissance rampante de ces deux derniers exercices fiscaux de 1.2% à 1.4% pour finalement emprunter une autre voie où la croissance se situerait autour de 8.5% », a martelé Yves Romain Bastien sur un ton incisif, déplorant le fait que nous ne faisons que du commerce. 

« Nous achetons à l’étranger et nous revendons en Haïti. Notre déficit commercial se situe autour de 4 milliards de dollars. Si la diaspora n’existait pas, avec sa contribution de 1.8 à 2 milliards de dollars, notre situation aurait été plus dramatique », déclare le titulaire sortant du MEF. À cela s’ajoutent, renchérit Jude Alix Patrick Salomon, la décote alarmante de notre monnaie nationale, des données commerciales qui ne ne sont pas des plus réjouissantes, une performance fiscale qui n’est pas non plus exceptionnelle avec des rentrées pour l’exercice fiscal 2015-2016 de seulement 49.7 milliards de gourdes alors que le budget central tablait sur des prévisions de 60 milliards de gourdes. 

En bon chef d’orchestre, le Premier ministre Lafontant a rappelé au ministre Salomon que la lutte contre la pauvreté et la bataille pour la croissance constituent les fils conducteurs de la politique économique de son gouvernement.  « Le ministère qui vous est confié, avertit Jack Guy Lafontant, est appelé à jouer un rôle de premier plan dans la nouvelle politique économique qui sera implémentée incessamment par mon gouvernement et dont l’objectif principal est de gagner le pari de la croissance tel que souhaité et promis par le président de la République Jovenel Moïse. » 

« Le MEF doit porter une attention particulière à sa fonction de promotion économique et de support au développement des entreprises. Il doit aussi renforcer la coordination et la synergie entre les fonctions de budgétisation, de financement et de planification du développement afin de consolider les capacités institutionnelles dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques pour une croissance forte et durable », a poursuivi le Premier ministre Lafontant, communiquant ainsi sa feuille de route au titulaire de ce ministère régalien.

Patrick ST PRE source le Nouvelliste

Partager