Développer le crédit-bail pour le financement des PME

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4 entreprises sur 5 révèlent ne pas avoir accès au crédit dans le pays, souligne Evelyn Awittor, administrateur de la Banque mondiale en Haïti. Interpellées par ce constat, la Banque de la République d’Haïti (BRH) et la Banque mondiale veulent, à travers des actions concertées, arriver au développement du crédit-bail dans le pays. Elles identifient le crédit-bail comme étant un outil important pour le développement des activités économiques.

En vue d’informer les pouvoirs exécutif et législatif, le secteur financier, les entreprises et d’autres entités concernées, la Banque centrale et la Banque mondiale organisent, au Centre de Convention de la BRH, pendant trois jours, un atelier sur les enjeux du crédit-bail. Cette activité s’inscrit dans le cadre de leurs démarches visant à élaborer un plan d’action pour le développement du crédit-bail dans le pays.  « A la recherche de moyens permettant d’accroître le crédit et de stimuler les investissements, tout en avisant la concurrence dans l’ordre des services financiers, la BRH a jugé opportun de favoriser cette formule particulièrement adaptée aux besoins des petites et moyennes entreprises (PME) », a indiqué le gouverneur de la BRH, Jean Baden Dubois. 

En 2010, la Société financière internationale (SFI) avait réalisé une étude sur l’introduction du crédit-bail ou leasing en Haïti. « Cette étude a projeté la taille du marché haïtien du leasing. Elle a estimé  le portefeuille potentiel du marché du leasing dans le pays, au bout de trois années, à 150 millions de dollars américains, par comparaison avec d’autres marchés similaires », a révélé le numéro un de la banque centrale. Il a souligné que l’intérêt de la banque centrale dans le leasing est le développement du marché financier, l’augmentation du crédit octroyé aux PME et la croissance économique. Le gouverneur souhaite aussi que les entrepreneurs soient sensibilisés aux autres sources de financement accessibles. 

Pour sa part, Madame Evelyn Awittor, administratrice de la Banque mondiale en Haïti, a considéré le crédit-bail comme le moyen le plus simple et le plus efficace pour tout entrepreneur de jouir d’un équipement et de payer un loyer. « L’accès à un crédit-bail, c’est souvent la différence entre saisir l’opportunité ou manquer le coche », a- t-elle affirmé, disant que dans les économies développées, le crédit-bail représente souvent entre 15% et 25%  de la totalité du financement de l’équipement des petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, Madame Awittor a fait savoir que le portefeuille de la Banque mondiale en Haïti, en septembre 2016, comprend 14 projets pour un engagement total de 750 millions de dollars américains. La Banque mondiale finance des programmes du gouvernement dans les domaines : gestion de risques et de catastrophes, développement des infrastructures, agriculture, éducation, santé, développement régional, etc.

Pour que les institutions financières puissent développer de nouvelles approches de crédit en vue de créer un marché secondaire de biens d’équipement, il est impératif d’avoir un environnement légal. De ce fait, les organisateurs de cet atelier avaient compris la nécessité de compter parmi leurs invités des membres des pouvoirs exécutif et législatif. La présence des sénateurs Patrice Paul Dumond, Onondieu Louis et du président du grand Corps Youri Latortue a été effective. Le dernier a avancé que le Parlement est conscient du problème des PME relatif à l’accès au financement. Il a exprimé sa détermination à œuvrer à leur développement. Le président du Sénat a pris l’engagement de convaincre les sénateurs et les députés de voter toutes les lois relatives au crédit-bail. « Il est essentiel que les acteurs politiques profitent des opportunités offertes à travers  le système financier pour renforcer l’environnement des affaires, accélérer la marche vers le progrès et lever les écueils qui freinent le crédit », a soutenu Youri Latortue, président du Sénat.       

A souligner qu’à travers un partenariat-pays du Groupe de la Banque mondiale, approuvé depuis septembre 2015, le gouvernement haïtien bénéficie d’un  appui dudit organisme pour offrir des opportunités économiques à chaque citoyen et réduire la pauvreté dans le pays.

Gérard Junior Jeanty source le nouvelliste

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