Quand les linges sales ne devraient plus se laver en famille

Signifiant régler une mésentente en privé, laver son linge sale en famille est une expression qui semble être apparue au XVIIIe siècle dans une lettre de Voltaire, parlant des poèmes de Frédéric II de Prusse et dans laquelle il déclarait : « Mon ami, à une autre fois. Voilà le roi qui m’envoie son linge sale à blanchir ». Plus tard, Napoléon aurait également utilisé une formulation similaire : « Il y a des histoires qui font que le linge sale ne doit se laver qu’en famille », en parlant des nombreux conflits qui l’opposaient à ses frères et sœurs et dont il ne souhaitait pas que le peuple tout entier ait connaissance.
Origine de l’expression laver son linge sale en famille
Autrefois, le linge se lavait au lavoir, en compagnie des autres femmes du voisinage et les commérages allaient bon train. L’endroit, dont le rôle social était extrêmement important, était parfait pour se tenir au courant des potins locaux et même des nouvelles du monde, lorsqu’elles arrivaient dans le coin.
Il permettait aussi aux femmes présentes de parler de leurs différends familiaux et donc de les ébruiter très largement. A noter qu’un secret n’est bien gardé que lorsque tous ceux qui le connaissent sont décédés.
Si je vous parle souvent en français ou même dans le vernaculaire, il se peut que vous m’ayez entendu dire : « Demandez à mon frère si je suis un voleur ! ». Cette expression, je l’avais moi-même entendue pour l’unique fois de la bouche de mon ami Glodel St. Fleur, il y a de cela 20 ans. Pensez-vous que mon frère aille vous répondre par l’affirmatif si vous lui demandez est-ce que je suis un voleur même lorsque je le serais ? Qu’il sache que je suis un fripon ou pas, il vous dira purement et simplement que mon frère est un homme honnête et qu’il n’est pas un voleur.
En effet, nous avons tous nos propres imperfections et notre propre talon d’Achille. Au nom de la loyauté, les gens de notre cercle intérieur pour lesquels nous comptons, ne dévoileront jamais nos secrets. Certains peuvent même être prêts à prendre une balle pour nous au lieu de nous scandaliser en dévoilant nos confidences.
Les conséquences d’une loyauté outrée
Un bon collègue à moi des T.P.T.C. répétait souvent que même dans l’indécence il y a une limite. En effet, il des âneries qu’on ne cautionne pas même pour les personnes qui nous sont les plus chères et les plus proches. Cautionner ces errements, c’est nous identifier à eux.
Peut-être, vous demandez-vous, quand la loyauté est-elle exagérée et ipso facto, a des retentissements. Il se peut que vous disiez que j’insère la politique dans tout ce que je fais ou dis. Vous avez sans doute raison, puisque, comme Aristote l’a dit, je suis comme vous d’ailleurs, un animal politique. La seule différence entre vous et moi, c’est que je choisis d’en parler à travers mes écrits tandis que vous, vous optez pour le silence.
Si vous habitez aux Etats Unis ou si vous suivez la politique américaine de quelque coin de la terre que vous soyez, vous savez que c’est la pagaille à la Maison Blanche depuis l’élection de Donald Trump. Le monde a de moins en moins de respect pour ce pays qu’on appelle la superpuissance. Il n’est pas un jour, j’accentue, pas même un jour passé sans que le « président » ne commette une couillonnade. Pourtant, ses saints partisans le vénèrent plus qu’un dieu. Cela fait quoi d’eux ? Des aberrants, des inconséquents et des faibles d’esprit.
Le pire dans tout ça, c’est que vous avez des parlementaires (que ce soit en Haïti ou ici, je les appelle : parlez, menteurs !), des gens élus comme Donald Trump pour vérifier et balancer son pouvoir, qui font la sourde oreille à tout ce qu’il dit et qui avalisent toutes ses niaiseries. Bien souvent, je me demande si les républicains au congrès et au sénat américains sont des hommes de conviction et de dignité. Ont-ils la moindre idée du tort qu’ils font à eux-mêmes et au pays en optant pour le silence face aux conneries de Trump qu’ils défendent agressivement.
A la lumière de ce que nous venons de dire, et aussi en fonction des expériences que vous avez peut-être faites lorsque les bêtises de certaines personnes qui vous étaient proches retombaient sur vous après les avoir avalisées, nous présumons que vous serez d’accord avec nous si nous disons qu’il y a des circonstances où les linges sales ne devraient plus se laver en famille.
Rulio Oscar

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