La lâcheté des Haïtiens

Larousse définit lâcheté comme un manque de courage, d’énergie morale et de fermeté. Suivant la même source, la lâcheté est aussi une disposition d’esprit qui pousse à nuire à quelqu’un qui ne peut pas se défendre ; une action indigne. Lâcheté peut aussi être définie comme une sorte de mollesse, de paresse, d’inertie, d’agenouillement, de bassesse, de démission et de peur.

L’ancien président à vie, le docteur François Duvalier avait sa propre définition du mot lâcheté. Pour lui, reconnaitre les bienfaits de quelqu’un était purement et simplement une lâcheté. La reconnaissance, disait-il, est une lâcheté. Ce que François Duvalier ne comprenait peut-être pas, c’est que brutaliser des pauvres gens qui ne pouvaient pas se défendre, est tout aussi une lâcheté.

Considérant ce que nous avons écrit jusqu’ici, nous ne croyons pas qu’il soit injuste de dire que tous les Haïtiens sont des lâches. Vous qui nourrissez déjà l’idée de nous lapider pour une telle déclaration, ne soyez pas trop pressés ! Rappelez-vous que nous aussi, nous sommes un fier Haïtien.

Dans ce texte, les Haïtiens vivant en Haïti sont notre cible ; qu’ils nous en veuillent bien, s’ils le veulent ! Cependant, nous espérons qu’ils comprennent que nous ne sommes pas leur ennemi. Au contraire, nous voulons qu’ils sachent que nous sentons leur misère et que nous compatissons à leurs souffrances.

Les internautes, les utilisateurs de Facebook en particulier prennent un vilain plaisir à poster des images répugnantes de nos compatriotes et de leurs bizarreries. Loin de vouloir juger qui que ce soit, nous estimons qu’ils devraient être plutôt indignés de ce qu’ils voient et qu’ils devraient faire front commun pour le dénoncer. Car, nulle personne humaine ne devrait vivre comme nos frères et sœurs haïtiens vivent en Haïti.

Il nous arrive souvent de visiter la page de certains amis(es) pour voir ce qu’ils concoctent dans la cuisine du plus grand réseau social. Dans ce même ordre d’idée, deux jours de cela, nous sommes tombés sur ce commentaire fait par quelqu’un au bas d’un poste d’un ami : « Donk pa mandé Dyaspora vin mouri pou demokrasi nan yon peyi kote moun ki nan peyi ya telman lash, yo aksepte viv nan fatra ak labou tankou bet. Kouman Ayisyen ann Ayiti fe aksepte viv jan yap viv la? Peyi ya te sipoze A FEU ET A SANG jiskaske moun ki responsab yo pran desizyon pou yo pran men yo oubyen rale ko yo… »

Nous ne préconisons pas la violence. Cependant, sachant que les plus riches des Haïtiens qui sont moins de 20% de la population possèdent 91% des richesses du pays et les plus pauvres ont seulement les 9% restant, nous nous trouvons dans l’obligation de supporter l’idée de ce camarade et de le féliciter. Contrairement à certains gens de la gauche qui ne cessent de prôner l’unité au sein de leurs leaders, nous demandons que les 80% des Haïtiens oubliés s’unissent avec ou sans ces leaders pour exiger de meilleures conditions de vie.

La constitution de 1987 en son article 19 stipule que L’Etat a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. L’Etat aussi garantit le droit à l’éducation. Il veille à la formation physique, intellectuelle, morale, professionnelle, sociale et civique de la population. L’éducation est une charge de l’Etat et des collectivités territoriales. Ils doivent mettre l’école gratuitement à la portée de tous, veiller au niveau de formation des Enseignements des secteurs public et privé (articles 32 et 32.1)

Haïtiennes et Haïtiens de notre chère patrie bien aimée, avez-vous ce qu’il vous faut pour vivre une vie décente ? Avez-vous les moyens nécessaires pour vous nourrir, nourrir vos progénitures, les envoyer à l’école ? Quand vous êtes malades ou quand vos enfants sont malades, obtenez-vous les soins médicaux que nécessitent vos cas ? A quelle distance de chez vous se trouve la plus proche clinique ? Combien d’heures d’électricité avez-vous par jour ? Votre collectivité territoriale, votre section communale, votre commune, est-elle dotée d’établissements d’enseignement indispensables, adaptés aux besoins de leur développement suivant l’article 32.7 de la constitution ? Pouvez-vous vous consacrer à un travail de votre choix en vue de subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille d’après l’article 35 de la même constitution ?

Si la réponse à l’une ou à l’autre de ces questions est non, le gouvernement haïtien viole non seulement la constitution, mais aussi foule au pied vos droits fondamentaux.

La grande question à se poser est la suivante : qu’est-ce que vous faites ou qu’est-ce que vous comptez faire pour vous assurer que vos droits soient respectés tandis que la seule subvention du poisson de pâques de vos élus est élevée à près de $20 000 US ? Voulez-vous continuer dans l’inertie, dans la poltronnerie et dans la vie de bête que vous menez ? Voulez-vous au contraire vous organiser et utiliser tous les moyens possibles pour exiger que vos enfants aient une place dans l’Haïti de demain ?

Chers compatriotes haïtiens des 10 départements du pays, sachez que les hommes au pouvoir et la classe bourgeoise en Haïti sont des sangsues et que jamais ils ne vous encourageront à vous soulever contre l’inacceptable. Ils ne sont pas aussi naïfs que l’empereur Jean Jacques Dessalines qui souleva le sud en disant : « Après ce que je viens de faire dans le sud, si les citoyens ne se soulèvent pas, c’est qu’ils ne sont pas des hommes. » Il se peut que vos ravisseurs soient au nombre de 10 000, mais vous, vous êtes au nombre de 10 000 000. Alors, cessez de vous comporter en lâches, réclamez et défendez vos droits !

Rulio Oscar

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